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Le billet littéraire du mois - Juillet

04/07/2016

Vos vacances sont bookées (ou pas) et vous commencez déjà à les préparer soigneusement. Malgré cette fâcheuse météo, vous allez au rayon "Parapharmacie" pour acheter votre crème solaire, vous prenez rendez-vous pour une pédicure, vous faites un tour aux Galeries Lafayette pour sélectionner un nouveau maillot de bain et... ET... vous passez chez votre libraire pour regarder sagement les bouquins que vous lirez sur le transat (ou sur le sable... tout dépend de là où vous irez). 

Ca tombe bien, mon amie Lisa Kin vous concocte chaque mois une sélection de livres à lire et à emporter dans votre sac de plage, entre le drap de bain et l’huile solaire, pour bronzer intelligemment, tout en vous distrayant…

 

 

UN DRAME FAMILIAL QUI VOUS TIENT EN HALEINE

 

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker, après La vérité sur l’affaire Harry Quebert, font partie de ces romans dont on ne se lasse pas, qui vous accrochent dès la première ligne , et dont les héros vous accompagnent au fil des jours, partageant l’intimité de votre quotidien tant ils vous ressemblent.

J’ai pris un vif plaisir à découvrir le dernier roman de Joël Dicker, le génial auteur de La vérité sur l’affaire Harry Québert (vendu à 1 million 500 000 exemplaires au moment de sa sortie, si ce n’est déjà fait, empressez-vous de le lire !). Le Livre des Baltimore (Editions de Fallois/ L’Age d’homme) peut être considéré comme la suite du précédent puisqu’on y retrouve le personnage principal, l’écrivain Marcus Goldman. Pourtant, l’intrigue ne nécessite aucunement que l’on ait lu le premier.

 

Ce roman repose sur une sombre histoire familiale dans laquelle deux branches de la famille Goldman aux niveaux de vie très différents, les Goldman de Baltimore et ceux de Montclair, partagent les événements quotidiens de la vie américaine sur lesquels pèsent le poids de l’argent et de la réussite sociale, les frustrations et l’insatisfaction.

Les cousins Goldman, Marcus le narrateur, Hillel, et Woody le fils adoptif, fusionnels, vont partager une enfance idéale jusqu’au « Drame » qui fera voler en éclats ce bonheur sans nuage. L’ambiance romanesque est tendue à l’extrême et l’on retrouve entre ces pages la rivalité sociale et amoureuse, les manipulations adolescentes, la culpabilité, et les mirages de l’enfance n’y résisteront pas. La dynastie s’effondrera et le narrateur en sera le seul rescapé.

Vous serez sensible à la finesse psychologique du roman et à cette atmosphère si particulière du décor américain qui fascine les lecteurs occidentaux.

 

 

FEMMES NOUS SOMMES ET FEMMES NOUS DEMEURERONS

 

Ainsi soit-elle de Benoîte Groult, même des années après, encore et toujours d’actualité, parce que femmes nous sommes, et femmes nous demeurerons…

 

A l’heure où j’écris ces quelques lignes, j’apprends la disparition d’une femme exceptionnelle qui n’a eu de cesse de faire rayonner sa pensée et de mettre son écriture au service de la cause féminine. Pour faire écho à ces « femmes qui courent avec les loups » dont je vous ai parlé dans le premier billet littéraire, je me dois d’évoquer l’œuvre culte de Benoîte Groult, Ainsi soit-elle. L’auteure est une grande dame de la littérature, une combattante du féminisme qui a toujours dénoncé avec fermeté et amusement les incohérences de notre humanité qui creuse quotidiennement les clivages entre hommes et femmes, a toujours revendiqué le droit pour la femme d’exister. Ce livre paru en 1975 (collection du Livre de poche) demeure un des meilleurs ouvrages sur la question féminine. Parfaitement documenté, il développe avec rigueur mais non sans humour une pensée toujours d’actualité, à l’heure où nos sœurs comme Chahdortt Djavann, qui publie Les putes voilées n’iront jamais au paradis ou Loubna Abidar, qui a joué dans Much Loved, sont menacées dans leur chair parce que leur art  révèle les tragédies vécues par les femmes iraniennes ou marocaines.

 

C’est un cri de vie et d’espérance qu’il faut entendre et ne pas oublier, même en cette période insouciante et heureuse qui invite à une certaine légèreté et préconise de laisser nos soucis à notre porte… quitte à les retrouver à la rentrée.

 

 

 

 

Lisa Kin est une passionnée de Littérature et de Philosophie. Les milliers de bouquins qu'elle a dévorés lui ont donné un sens aiguisé de la critique littéraire. C'est en écoutant du Jazz, un verre de bon vin à la main qu'elle apprécie le plus la lecture de livres ardus. Elle n'a pas peur de se définir comme une vraie "intellectuelle, très française dans le style" ! 

Chaque mois, Lisa vous propose le "Billet littéraire" pour vous conseiller  au mieux dans vos lectures. Il y en a pour tous les goûts, tous les styles de lecteurs, qu'ils soient amateurs ou endurcis. A vos marques, prêts, lisez !

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